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Article de Vanessa Alarie,  étudiante au Doctorat en sciences humaines appliquées à l’Université de Montréal

 

Omniprésentes dans notre quotidien, les sciences et les technologies occupent une place importante dans le vaste champ culturel. Selon la définition du CIMUSET,[1] la muséologie scientifique regroupe les musées de sciences et technologies, les centres des sciences, les centres d’exposition et les lieux d’interprétation partiellement ou totalement dédiés aux sciences et à la technologie,[2] notamment le planétarium. Après avoir défini chacune de ces institutions, voyons leur mission et leur rôle ainsi que l’exposition dans un contexte de muséologie scientifique.

Musée de sciences et technologies

Le musée de sciences et technologies, selon Rivière, « apparaît seulement au seuil du XXe siècle ».[3] Outils de culture fondamentale, les collections de ce type d’institution sont employées à diffuser les savoirs concernant les sciences et technologies contemporaines. Cette institution a quatre principaux objectifs[4] :

  • Présenter l’évolution des sciences et des techniques;
  • Diffuser la culture scientifique et technique pour la faire connaître;
  • Mettre en contexte l’impact des sciences et des techniques;
  • Démocratiser la culture et les savoirs.

Centre d’interprétation et centre des sciences

Les centres d’interprétation font « appel à toutes les ressources de l’imagination et à toutes les techniques d’animation pour mettre le visiteur en situation, en l’amenant à réaliser qu’il est personnellement concerné […] » par le patrimoine scientifique et technologique.[5] Le public, l’effort de médiation et la muséologie d’idées sont davantage mis de l’avant dans ce type d’institution, visant davantage la sensibilisation, l’expérience et l’émotion.[6]

Planétarium

Un planétarium est un centre d’interprétation de l’astronomie. C’est « une installation qui reproduit les mouvements des astres et des planètes sur une voûte représentant le ciel ».[7] Dès l’Antiquité, on a forgé le mot planétarium pour désigner une maquette représentant le Soleil, la Lune et les planètes visibles à l’œil nu en perspective géocentrique. Le planétarium, tel qu’on le connaît aujourd’hui, tire ses origines de celui construit en 1920 au Deutsche Museum de Munich par la firme Carl Zeiss d’Allemagne.[8] Le terme planétarium désigne le dôme présentant une reproduction du ciel avec ses constellations et ses étoiles, et, par métonymie le projecteur spécifique permettant de simuler le ciel sur un écran hémisphérique, de même que la salle où fonctionne ce projecteur, ou encore la structure organisée tout autour.[9]

 

La mission et le rôle des institutions scientifiques muséales

La mission des institutions scientifiques muséales a évolué en quatre temps[10] :

  • Accroître les moyens d’éducation industrielle et élargir l’influence des sciences et de l’art sur l’industrie de production;
  • Éclairer la population en lui présentant les fruits des progrès techniques;
  • Proposer des dispositifs participatifs afin de permettre de comprendre des phénomènes ;
  • Mettre en valeur les instruments scientifiques et leur histoire.

Leur rôle social a gagné en importance à travers les époques devenant de plus en plus un endroit de rencontre, de discussion et d’échange d’idées.[11] De nos jours, il existe un nombre croissant de musées qui sont à la fois des musées de sciences et technologies, des centres des sciences et des centres d’interprétation.

 

L’exposition dans un contexte de muséologie scientifique

Les expositions sont « le moyen par excellence du musée, l’instrument de son langage particulier »[12] qui remplissent un certain nombre de fonctions dans la vie sociale et culturelle de notre société. Elles sont l’expression d’une identité culturelle et témoignent d’une époque, d’un milieu social, des tendances culturelles et artistiques.[13] Elles mettent en œuvre des objets, des idées, des savoirs et des points de vue qui sont rencontrés par le public qui, idéalement, en tire profit.[14] En ce qui concerne la muséologie scientifique, deux types d’objets nous intéressent : les objets historiques et les instruments scientifiques (ou objets technologiques).

 

Les objets historiques

Un objet historique reflète l’histoire de la réalité qu’il représente. Il peut être lié de manières différentes à l’institution, par exemple concerner sa construction, son fonctionnement, ses réalisations, son personnel, etc. De plus, les instruments scientifiques peuvent devenir des objets historiques avec le temps lorsqu’ils ne sont plus utilisés pour leur fonction première.[15]

 

Les instruments scientifiques

Un instrument scientifique est un dispositif, un appareil qui représente ou qui adapte à un usage précis une partie du savoir scientifique d’une société donnée à une époque donnée. Il peut être utilitaire, didactique ou spécialisé. C’est un « médiateur entre la science et le savant, entre la pensée et le réel ».[16] Ils ont été utilisés avant le 17e siècle pour quantifier ou prédire des phénomènes, à la Renaissance pour montrer la puissance intellectuelle du possesseur et dans les musées de sciences et technologies à la fin du 19e siècle en tant que témoins historiques du progrès des sciences et techniques.[17] Ils sont aujourd’hui utilisés pour permettre l’éducation et le développement de l’esprit critique des visiteurs par rapport à la sphère scientifique et technique.[18]

Le but de l’exposition dans une institution muséale scientifique moderne est de valoriser la pratique scientifique en montrant l’objet comme un moyen de recherche. L’objet technologique peut :

  • Célébrer les connaissances fondamentales qu’il procure;
  • Célébrer l’expérience ou la maîtrise technique du chercheur, du technicien ou de l’inventeur;
  • Être célébré en tant que témoin historique de l’avancement de la science et des technologies;
  • Être célébré comme témoin épistémologique, c’est-à-dire de notre rapport à la science (philosophique).[19]
___________
[1] Comité international pour les musées et collections de sciences et techniques.

[2] CIMUSET, Welcome to CIMUSET, [http://network.icom.museum/cimuset/] (page consultée le 5 mars 2013).

[3] Rivière, G. H. (1989). La muséologie selon George Henri Rivière, Dunod : Bordas, Cours de Muséologie / Textes et témoignages, p. 123.

[4] Schiele, B. (2001). Le Musée de sciences, Montée du modèle communicationnel et recomposition du champ muséal, Paris : L’Harmattan, Collection Communication et Civilisation, p. 21 et 22 et Althin T. (1963). Museums of Science and Technology, Technology and Culture, Vol. 4, n°1, p. 132.

[5] Scipion, S.M. (1999). Le centre d’interprétation au cœur d’un processus de valorisation, La lettre de l’OCIM, n°61, p. 22.

[6] OCIM, Musées, Patrimoine et Culture scientifique et technique, Les centres d’interprétation du patrimoine, [http://ocim.revues.org/348] (page consultée le 10 mars 2013).

[7] Britannica – The Online Encyclopedia, Academic Edition, Planetarium, [http://www.britannica.com/EBchecked/topic/463041/planetarium] (page consultée le 4 mars 2013).

[8] Villiger, W. (1926). Le planétaire Zeiss, Iéna : Bernhard Vopelius, p. 8 et 9.

[9] Association des planétariums de langue française, Qu’est-ce qu’un planétarium ?, [http://www.aplf-planetariums.info/index.php?onglet=planetariums&menu=planetarium_info] (page consultée le 4 mars 2013).

[10] Danilov, V.J. (1982). Science and Technology Centers, Cambridge : The Massachusetts Institute of Technology Press, p. 19 et 20.

[11] Schiele, B. et Koster, E.H. (1998). La Révolution de la Muséologie des Sciences, Éditions MultiMondes, Paris : Presses Universitaires de Lyon, p. 178.

[12] Rivière, G. H. (1989). Op. cit., p. 265.

[13] Merleau-Ponty, C. et Ezrati, J.-J. (2005). L’exposition, théorie et pratique, Paris : L’Harmattan, Patrimoines et Sociétés, p. 18 et 19.

[14] Davallon, J. (1999). L’exposition à l’œuvre, Stratégies de communication et médiation symbolique, Paris : L’Harmattan, Collection Communication et Civilisation, p. 112 à 114.

[15] Maison, L. (2002). L’exposition des instruments anciens d’Astronomie : histoire et défis actuels, La Lettre de l’OCIM, n°84, p. 43.

[16] SABIX, Les instruments scientifiques définition et historique par Pierre-André Gaulon, Centre d’histoire des sciences et des techniques, Conservatoire national des arts et métiers, [http://www.sabix.org/bulletin/b18/definition.html] (page consultée le 10 mars 2013).

[17] Maison, L. (2002). Ibid., p. 41.

[18] Ibid., p. 38 et 39.

[19] Acot, P. (1999). L’histoire des sciences, Paris : Presses Universitaires de France, p. 34.

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