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Article d’ Audrée Guérin, technicienne en muséologie en stage au Musée de la vie wallone de Liège, 2011

Lors de mon arrivée, j’ai rencontré la directrice qui m’a fait savoir que mon stage n’allait pas se dérouler au musée même, mais bien dans les réserves. Les réserves du Musée de la Vie wallonne (MVW) sont situées sur un autre site, en dehors des murs et du centre-ville de Liège, plus précisément à Ans. Je ne peux cacher que sur le coup, j’étais un peu déçue et étonnée, car le stage avait été plus ou moins présenté de cette façon. J’appréhendais tout de même ce nouveau lieu et mes futurs collègues avec curiosité et excitation. Aussi, tout avait été organisé pour que chaque matin, j’aie un transport qui puisse me conduire aux réserves. Je fus touchée et rassurée par cette attention.

Les premières journées à Ans ressemblèrent à celles vécues au musée. J’ai fait le tour de chaque service et chaque personne présentée me donnait le sentiment d’une confiance et d’un intérêt sincère pour mon parcours professionnel et mon expérience. Un élément récurrent de ces rencontres et conversations reposait sur une curiosité face au fait que j’étais une Québécoise venue «apprendre» ce qui se faisait en Belgique au niveau muséal, alors que le Québec était beaucoup plus en avance, d’après leurs dires. Ce fait se révéla plutôt vrai, mais, au final, rien n’équivalut aux échanges humains et culturels que j’ai vécus.

Le bâtiment dans lequel se trouvent les réserves et les bureaux, travaillent les commissaires des expositions, l’équipe de graphistes et leur chef, les menuisiers qui se chargent de la fabrication du mobilier des expositions, la responsable des réserves, les préparateurs responsables de la maintenance des réserves, des agents administratifs et les deux principaux fonds du musée soit la Bibliothèque des Dialectes Wallon et le Fonds du Mouvement Wallon. Tous ces différents secteurs et les acteurs s’y rattachant m’ont été présentés avec le même dynamisme et ouverture qu’au musée. J’ai alors senti que j’allais faire partie de cette grande équipe et que ma contribution allait réellement compter. En effet, les objectifs de mon stage se concrétisaient de plus en plus. On m’a greffé à l’équipe de gestion des réserves où le travail à faire était très semblable aux besoins et à l’organisation des musées québécois. En effet, comme le musée existe depuis 1913 et se veut un témoin de la vie quotidienne des Wallons, sa collection est très variée et importante. Elle est constituée du plus petit jouet métallique mécanisé au mobilier de cuisine en passant par les vêtements de baptême et la machinerie lourde d’agriculture. De vieux registres écrits à la main ont fait, et font parfois encore, office de références, entre autres pour la description physique et l’année d’acquisition des objets.

Tiroir de médailler © Province de Liège – Musée de la Vie wallonne – Audrée Guérin

Un des volets du stage était l’encodage de données. Cette étape consiste à informatiser dans la base de données Access, les données prises à partir du registre et mettre à jour les dimensions des objets, leur photographie et ajouter quelques références plus récentes. Aussi, un de mes mandats principaux a été de documenter et de remettre en réserve la collection de médailles en vue d’une publication. Environ 1 200 médailles étaient rangées dans des tiroirs et un meuble en bois, soit les conditions parfaites pour l’oxydation et la dégradation des métaux à long terme. J’ai donc proposé de les ranger dans des boîtes sans acide, et de faire des incrustations qui consistent à «mouler» une mousse non acide à la forme de l’objet et de ranger le tout dans les boîtes. Au départ, aucun matériel n’avait été acheté. J’ai donc fait des recherches et pensé à ce que pourraient être les contenants.

Table de travail © Province de Liège – Musée de la Vie wallonne – Audrée Guérin

Puis, après en avoir parlé à ma supérieure, madame Collignon, nous avons procédé à l’achat des matériaux. Une fois livrée, j’ai pu commencer le travail. Toutefois, étant donné la quantité de médailles et le peu de temps alloué, je n’ai malheureusement pu terminer ce travail complètement. Je me suis bien rendu compte que trois mois étaient très vite passés et qu’une quantité de petits imprévus peuvent survenir n’importe quand et briser le rythme. L’important est de savoir s’adapter, être souple et savoir rebondir, peu importe la situation.

De plus, avec l’équipe de gestion des réserves et les préparateurs, nous sommes quelques fois «aller en don», c’est-à-dire nous rendre chez les gens en vue d’acquérir des objets qu’ils souhaitent donner au musée. Aussi, nous avons visité des expositions dans différents musées à travers la Belgique, afin de voir les objets que le MVW avait prêtés ou encore, aller visiter une exposition qui traitait d’un sujet qui intéressait le MVW. Tous ces déplacements ont été des occasions rêvées pour arpenter le pays, qui se traverse rapidement, accompagnée de mes collègues avec qui j’ai eu des rapports sincèrement respectueux et amicaux.


Plateaux de médailles incrustées et boîtes de conservation © Province de Liège – Musée de la Vie wallonne – Audrée Guérin

2 réflexions sur “Le stage, une expérience enrichissante de collaboration (3 de 3)

  1. Je suis étudiant en Sociologie et Anthropologie à l’université de La Réunion. Actuellement je mène des travaux de recherches sur la musique, pourriez-vous m’indiquer des institutions susceptibles de recevoir des stagiaires au Belgique ou en Suisse?

    A part cela, votre article me laisse comprendre que vous a avez passé un agréable stage assemblant plusieurs enjeux dont la ferveur, les rapports humains, la technicité… .

  2. Bonjour Nassim,

    En tant qu’administratrice du blogue, je me permet de te répondre au nom d’Audrée Guérin. Comme cette dernière, j’ai aussi effectué un stage dans un musée belge. Nous avons toutes deux bénéficiées d’une bourse de LOJIQ, un organisme québécois – nous sommes Canadiennes – qui aide les jeunes à réaliser leurs projets à l’étranger.

    Pour ma part, j’ai contacté un musée et développé un projet avant d’effectuer une demande de bourse auprès de LOJIQ.

    Je vous suggère de vous informer auprès de LADOM, du CRIJ Réunion ou auprès de votre université pour voir les possibilités de stage à l’étranger. Ces derniers sauront vous diriger vers des programmes de bourses adaptés à vos besoins. Si vous n’avez pas besoin d’un stage rémuméré, vous pouvez directement contacter la ou les institutions avec lesquelles vous aimeriez collaborer.

    Vous avez aussi la possibilité de consulter des organismes internationaux, tels que Cursus Mundus et Work-n-travel.

    La meilleure des chances pour vos projets.

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